L'Archipel Libre


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Point presse du 28 décembre 2004

EXTENSION DE LA RESERVE DES SEPT ILES SUR LA ZONE MARINE

CA RECOMMENCE !

A l'occasion de la dernière réunion du Comité Consultatif de la Réserve des Sept Iles qui s'est tenue le 22 novembre 2004 à l'Ile Grande, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) a présenté son rapport d'activité 2004 et son plan de gestion 2005-2009 .
L'association " l'Archipel Libre ", membre de ce Comité, considère que de nombreux points évoqués dans ces documents n'appellent pas de remarques particulières et peuvent recevoir l'agrément de tous.
Elle tient cependant, comme elle le fait chaque année, à faire des observations sur les sujets qui posent problème.

Le budget

Le budget de la L.P.O est alimenté pour une large part par des fonds publics et avoisine pour le budget provisoire 2004 la somme de 400 000 euros. D'année en année ce budget est en augmentation suivant un rythme sans commune mesure avec l'inflation et sans rapport aucun avec la volonté de rigueur budgétaire appliquée en d'autres domaines.

Notons par exemple que Natura 2000 qui couvre un site de 6 300 hectares de Trébeurden à Perros-Guirec doit partager son maigre personnel avec le secteur Natura 2000 voisin, et ne dispose que d'un budget de 35 000 euros, près de douze fois inférieur à celui de la réserve des Sept Iles.

Le bilan de l'action du conservateur.

Le bilan global n'est pas satisfaisant puisque, d'après le conservateur lui-même, sur treize espèces d'oiseaux marins nicheurs aux 7 îles, 5 présentent un état de conservation favorable et 8 un état de conservation non favorable.

Parmi les espèces très menacées figure le macareux moine, oiseau emblématique de la ville de Perros-Guirec qui avait été à l'origine de la création de la réserve.

Les explications sur cet état de fait restent floues. Notons simplement que l'espèce humaine, qui sert souvent d'alibi, en particulier pour justifier les actions répressives de " police de la nature ", ne peut être mise en cause, puisque les îles fréquentées par les oiseaux sont totalement sanctuarisées.

La réserve et Natura 2000

Le plan de gestion 2005-2009 élaboré par la L.P.O. pose problème au moins sur deux points :

- D'une part la L.P.O. revient d'une manière insistante sur son souci d'étudier les fonds marins, ce qui justifierait selon elle une extension de la réserve sur la zone marine.

-D'autre part la L.P.O. définit ses objectifs sur cette zone marine avant même que le SIVU et Natura 2000 aient élaboré leurs documents d'objectifs sur cette zone qui relève de leur responsabilité.

L'articulation entre le rôle de la L.P.O. en ce qui concerne la réserve et le rôle du SIVU pour Natura 2000 gagnerait à être précisée: Le domaine marin relève entièrement de l'action du SIVU dans le cadre de Natura 2000 et la seule mission concédée par le Ministère de l'Environnement à la L.P.O. en ce qui concerne la mer consiste dans le suivi de rejets d'hydrocarbure révélés par la présence d'oiseaux marins mazoutés.

La prétention de la L.P.O. de promouvoir à nouveau l'extension de la réserve sur la zone marine contre l'avis des populations et des élus et après la prise de position de la Préfecture en 2002 est donc inacceptable et il appartient au SIVU d'assumer pleinement sa mission.


Les orientations stratégiques

La politique de "non intervention" de la L.P.O. comme mode de gestion, est sans doute parfaitement acceptable sur le plan philosophique et incontestablement reposante sur le plan de l'activité. Notons toutefois qu'elle ne concerne ni l'homme, ni le surmulot, ni les lapins, ni les moutons autrefois présents sur Bono ni même la chèvre des gardiens en son temps mise en accusation. Par ailleurs l'aménagement de terriers et de corniches entre difficilement dans le cadre d'une politique de " non intervention ". Il est donc abusif d'affirmer qu'il n'y a pas d'intervention de la LPO.
A contrario cette politique de " non intervention " dans le domaine de la prolifération des fous de Bassan, espèce d'introduction récente, conduit peu à peu à la disparition de toute flore sur Rouzic et d'espèces qui avaient autrefois leur zone de nidification sur cette île, comme par exemple les macareux moines. Nous aimerions être certains qu'un choix entre les spectaculaires fous de Bassan et les discrets macareux n'a pas été réalisé.

La police de la nature

Alors que le ministère de l'environnement, par la voix de son ministre en personne, se positionne clairement, en matière écologique, contre la sanctuarisation, la volonté d'exclusion de l'homme hors des limites de la réserve s'exprime de manière répétitive, dans le texte de la L.P.O, par l'utilisation de l'expression " police de la nature ".
Il s'agit de toute évidence de persuader les personnes qui n'ont pas une véritable connaissance de l'Archipel qu'il s'agit d'une zone assiégée par des vandales que la L.P.O contient à grand peine.
En fait, la véritable police est assurée gratuitement et efficacement pendant huit mois sur douze par la nature elle-même. Les intempéries, les courants, les récifs et d'une manière générale les difficultés d'accès, garantissent la tranquillité absolue de l'Archipel.
Durant les autres périodes les touristes admis sur l'île aux Moines se contentent le plus souvent de suivre paisiblement les sentiers balisés. Quant aux pêcheurs à pied de moins en moins nombreux, qui participent encore au rituel des grandes marées, ce sont le plus souvent des amoureux de l'Archipel peu portés à la délinquance et parfaitement respectueux du milieu.

L'Archipel Libre estime pour sa part que la création de cette " police de la nature " qui se superpose au rôle de la Direction de affaires maritimes qui a en réalité la tutelle de toute l'activité de la pêche et de la réglementation associée, n'est pas heureuse et qu'il vaudrait mieux, dans un soucis de cohérence, augmenter les moyens et les prérogatives de cette Direction à l'image de ce que font d'autres pays avec leurs " gardes côtes ".


Conclusion

En conclusion nous insisterons particulièrement sur deux points essentiels, car ils engagent l'avenir:

- La prétention inacceptable de la L.P.O. de remettre à l'ordre du jour l'extension de la réserve sur la zone marine, avec pour motivation affichée la découverte soudaine et révolutionnaire que les oiseaux marins se nourrissent de poissons et pour ambition secrète celle de faire augmenter encore les subventions qui lui sont allouées,

- La définition par la L.P.O dans son plan de gestion, d'objectifs concernant la zone marine, avant même que Natura 2000, en charge de ce secteur, ait élaboré par le canal du SIVU le document d'objectifs. Le SIVU et les autres partenaires se retrouvent donc, dès le départ, relégués au rôle d'exécutants des décisions prises unilatéralement au niveau de la L.P.O.