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EXTENSION DE LA RESERVE DES SEPT ILES SUR LA ZONE
MARINE
CA
RECOMMENCE !
A l'occasion
de la dernière réunion du Comité Consultatif
de la Réserve des Sept Iles qui s'est tenue le 22 novembre
2004 à l'Ile Grande, la Ligue pour la Protection des Oiseaux
(LPO) a présenté son rapport d'activité 2004
et son plan de gestion 2005-2009 .
L'association " l'Archipel Libre ", membre de ce Comité,
considère que de nombreux points évoqués
dans ces documents n'appellent pas de remarques particulières
et peuvent recevoir l'agrément de tous.
Elle tient cependant, comme elle le fait chaque année,
à faire des observations sur les sujets qui posent problème.
Le budget
Le budget
de la L.P.O est alimenté pour une large part par des fonds
publics et avoisine pour le budget provisoire 2004 la somme de
400 000 euros. D'année en année ce budget est en
augmentation suivant un rythme sans commune mesure avec l'inflation
et sans rapport aucun avec la volonté de rigueur budgétaire
appliquée en d'autres domaines.
Notons par
exemple que Natura 2000 qui couvre un site de 6 300 hectares de
Trébeurden à Perros-Guirec doit partager son maigre
personnel avec le secteur Natura 2000 voisin, et ne dispose que
d'un budget de 35 000 euros, près de douze fois inférieur
à celui de la réserve des Sept Iles.
Le bilan
de l'action du conservateur.
Le bilan global
n'est pas satisfaisant puisque, d'après le conservateur
lui-même, sur treize espèces d'oiseaux marins nicheurs
aux 7 îles, 5 présentent un état de conservation
favorable et 8 un état de conservation non favorable.
Parmi les
espèces très menacées figure le macareux
moine, oiseau emblématique de la ville de Perros-Guirec
qui avait été à l'origine de la création
de la réserve.
Les explications
sur cet état de fait restent floues. Notons simplement
que l'espèce humaine, qui sert souvent d'alibi, en particulier
pour justifier les actions répressives de " police
de la nature ", ne peut être mise en cause, puisque
les îles fréquentées par les oiseaux sont
totalement sanctuarisées.
La réserve
et Natura 2000
Le plan de
gestion 2005-2009 élaboré par la L.P.O. pose problème
au moins sur deux points :
- D'une part
la L.P.O. revient d'une manière insistante sur son souci
d'étudier les fonds marins, ce qui justifierait selon elle
une extension de la réserve sur la zone marine.
-D'autre part
la L.P.O. définit ses objectifs sur cette zone marine avant
même que le SIVU et Natura 2000 aient élaboré
leurs documents d'objectifs sur cette zone qui relève de
leur responsabilité.
L'articulation
entre le rôle de la L.P.O. en ce qui concerne la réserve
et le rôle du SIVU pour Natura 2000 gagnerait à être
précisée: Le domaine marin relève entièrement
de l'action du SIVU dans le cadre de Natura 2000 et la seule mission
concédée par le Ministère de l'Environnement
à la L.P.O. en ce qui concerne la mer consiste dans le
suivi de rejets d'hydrocarbure révélés par
la présence d'oiseaux marins mazoutés.
La prétention
de la L.P.O. de promouvoir à nouveau l'extension de la
réserve sur la zone marine contre l'avis des populations
et des élus et après la prise de position de la
Préfecture en 2002 est donc inacceptable et il appartient
au SIVU d'assumer pleinement sa mission.
Les orientations stratégiques
La politique
de "non intervention" de la L.P.O. comme mode de gestion,
est sans doute parfaitement acceptable sur le plan philosophique
et incontestablement reposante sur le plan de l'activité.
Notons toutefois qu'elle ne concerne ni l'homme, ni le surmulot,
ni les lapins, ni les moutons autrefois présents sur Bono
ni même la chèvre des gardiens en son temps mise
en accusation. Par ailleurs l'aménagement de terriers et
de corniches entre difficilement dans le cadre d'une politique
de " non intervention ". Il est donc abusif d'affirmer
qu'il n'y a pas d'intervention de la LPO.
A contrario cette politique de " non intervention "
dans le domaine de la prolifération des fous de Bassan,
espèce d'introduction récente, conduit peu à
peu à la disparition de toute flore sur Rouzic et d'espèces
qui avaient autrefois leur zone de nidification sur cette île,
comme par exemple les macareux moines. Nous aimerions être
certains qu'un choix entre les spectaculaires fous de Bassan et
les discrets macareux n'a pas été réalisé.
La police
de la nature
Alors que
le ministère de l'environnement, par la voix de son ministre
en personne, se positionne clairement, en matière écologique,
contre la sanctuarisation, la volonté d'exclusion de l'homme
hors des limites de la réserve s'exprime de manière
répétitive, dans le texte de la L.P.O, par l'utilisation
de l'expression " police de la nature ".
Il s'agit de toute évidence de persuader les personnes
qui n'ont pas une véritable connaissance de l'Archipel
qu'il s'agit d'une zone assiégée par des vandales
que la L.P.O contient à grand peine.
En fait, la véritable police est assurée gratuitement
et efficacement pendant huit mois sur douze par la nature elle-même.
Les intempéries, les courants, les récifs et d'une
manière générale les difficultés d'accès,
garantissent la tranquillité absolue de l'Archipel.
Durant les autres périodes les touristes admis sur l'île
aux Moines se contentent le plus souvent de suivre paisiblement
les sentiers balisés. Quant aux pêcheurs à
pied de moins en moins nombreux, qui participent encore au rituel
des grandes marées, ce sont le plus souvent des amoureux
de l'Archipel peu portés à la délinquance
et parfaitement respectueux du milieu.
L'Archipel
Libre estime pour sa part que la création de cette "
police de la nature " qui se superpose au rôle de la
Direction de affaires maritimes qui a en réalité
la tutelle de toute l'activité de la pêche et de
la réglementation associée, n'est pas heureuse et
qu'il vaudrait mieux, dans un soucis de cohérence, augmenter
les moyens et les prérogatives de cette Direction à
l'image de ce que font d'autres pays avec leurs " gardes
côtes ".
Conclusion
En
conclusion nous insisterons particulièrement sur deux points
essentiels, car ils engagent l'avenir:
- La
prétention inacceptable de la L.P.O. de remettre à
l'ordre du jour l'extension de la réserve sur la zone marine,
avec pour motivation affichée la découverte soudaine
et révolutionnaire que les oiseaux marins se nourrissent
de poissons et pour ambition secrète celle de faire augmenter
encore les subventions qui lui sont allouées,
- La
définition par la L.P.O dans son plan de gestion, d'objectifs
concernant la zone marine, avant même que Natura 2000, en
charge de ce secteur, ait élaboré par le canal du
SIVU le document d'objectifs. Le SIVU et les autres partenaires
se retrouvent donc, dès le départ, relégués
au rôle d'exécutants des décisions prises
unilatéralement au niveau de la L.P.O.
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