Comité
Consultatif de la Réserve Naturelle des Sept Iles -
27 novembre 2006
La réunion du Comité Consultatif de la Réserve
Naturelle des Sept Iles s'est tenue le 27 novembre 2006 à
la mairie de Perros-Guirec sous la présidence du Sous Préfet
de Lannion.
Le Directeur
de La DIREN, arrivé depuis seulement quelques mois à
Rennes, assistait à la réunion. Le Maire de Perros-Guirec
était également présent.
L'Archipel
Libre était représenté par son président
et son secrétaire.
L'exposé
de la L.P.O. sur ses activités de l'année écoulée
s'est déroulé suivant le rituel traditionnel (gestion
administrative, police de la nature, veille écologique
et recherche scientifique, fréquentation de la réserve,
sensibilisation, orientation du programme 2007, centre de soins,
réalisation du plan de gestion 2005-2009, éléments
budgétaires).
Cet exposé,
qui concernait pour l'essentiel les activités relevant
de la mission confiée à la L.P.O., ne comportait
pas d'éléments très nouveaux par rapport
aux années précédentes et ne conduit donc
pas à des commentaires détaillés.
Deux
points cependant suscitent notre inquiétude :
Le premier
est l'installation de fait de la L.P.O., mandatée par
la DIREN, sur le secteur marin voisin de l'Archipel, mais extérieur
à la réserve, ceci sous prétexte d'étude
de la faune et la flore sous-marine.
Selon la
L.P.O. ces études s'inscrivent dans la démarche
de diagnostic de la zone Natura 2000.
Nous ne
mettons pas en cause l'intérêt de ce diagnostic,
mais, alors qu'il existe en France et en Bretagne des organismes
de recherche indiscutables, tant sur le plan des compétences
en océanographie, que sur celui de l'équipement
en matériels de recherche (l'IFREMER par exemple pour
n'en citer qu'un) l'on peut s'étonner
de voir ces recherches sous-marines et leur coordination confiées
à des ornithologues.
Nous avons
toujours été favorables à un suivi de la
faune et de la flore sous-marine, mais dans un simple souci
d'efficacité, il semblerait légitime que ces études
et leur coordination soient totalement réalisées
sous l'autorité entière d'organismes officiels
spécialisés en océanographie, et totalement
indépendants dans leurs conclusions. Cette indépendance
est d'autant plus nécessaire que si ces conclusions étaient
tirées par la L.P.O. et conduisaient à une extension
de la réserve dont cette association serait la première
bénéficiaire, la position de la DIREN deviendrait
déontologiquement insoutenable.
Le second
point, lié au premier, concerne le plan de gestion 2005
- 2009 de la L.P.O., dont l'article 19 déclare vouloir
" réexaminer le projet d'extension de la réserve
naturelle sur le domaine marin au regard des conclusions du
Docob Natura 2000 ".
Natura 2000
deviendrait ainsi un instrument au service de l'extension de
la réserve, ce qui n'est évidemment pas la vocation
d'un organisme qui affirme vouloir respecter des activités
traditionnelles qui sont incompatibles avec une réserve.
Il résulte
toutefois de ce qui précède que la DIREN est toujours,
en 2006, à la recherche désespérée
d'une raison écologique pour justifier l'extension, et
qu'elle entend poursuivre ses recherches jusqu'en 2009. Lorsque
l'on se souvient qu'en 2000, le décret d'extension allait
être soumis à la signature du Premier Ministre,
il devient évident que c'était sans aucune justification
écologique mais plus vulgairement pour obtenir une augmentation
des subventions publiques.
En fait
le principal intérêt de ce Comité Consultatif
aura été de clarifier les positions des uns et
des autres.
Pour l'extension,
l'on retrouve tout naturellement la DIREN et la L.P.O.
Contre l'extension
l'on retrouve le Conseil Municipal de Perros-Guirec qui, dès
le 15 février 2000, majorité et opposition réunies,
donnait un avis défavorable à l'extension. L'on
retrouve aussi toutes les associations qui s'intéressent
à l'Archipel. Lorsqu'on sait que ces associations regroupent
près de trois mille adhérents, il est indiscutable
qu'elles reflètent l'avis d'une majorité de la
population.
D'un côté
donc des fonctionnaires de passage et une association qui a
son siège à Rochefort. De l'autre des élus
locaux et une population qui ont toujours su préserver
leur environnement et entendent ne pas en être dépossédés
pour faire progresser des carrières et augmenter des
subventions.
A chacun
de voir où se situe la voie démocratique.